Si les réglementations sur la protection des données évoluent aux quatre coins du globe, chaque région affine ses propres exigences et spécificités, rendant la mise en conformité plus complexe pour les entreprises qui opèrent à l’international.
Dans le podcast Growth Masterminds, Jérôme Perani, CRO d’Axeptio, décrypte ces tendances et leurs impacts sur les entreprises, avec un focus particulier sur la mise en conformité des applications mobiles, à la veille d’une nouvelle campagne de contrôles prévue au printemps. Comment naviguer entre des réglementations de plus en plus spécifiques selon les régions ? Quelles sont les bonnes pratiques pour intégrer la gestion du consentement dans les applications mobiles sans nuire à l’expérience utilisateur ? Décryptage des moments clés de l’intervention d’Axeptio au micro de John Koetsier pour Singular.
L’Europe en pointe sur la protection des données : du RGPD aux contrôles renforcés sur les applications mobiles
Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) est en vigueur depuis 2018, imposant un cadre strict pour la collecte et le traitement des données personnelles dans l’Union Européenne. Le consentement (une des 6 bases légales prévues par le RGPD) constitue alors une étape incontournable pour les entreprises qui souhaitent pouvoir collecter et traiter les données.
“Durant les premières années d’application du RGPD, les autorités de protection des données ont principalement adopté une démarche pédagogique. Mais depuis 2020-2021, la tolérance s’est réduite et les sanctions se sont multipliées, ciblant des organisations de toutes tailles.” explique Jérôme Perani.
Jusqu’ici, les efforts réglementaires se sont principalement concentrés sur le web. Toutefois, depuis deux ans, les contrôles sur l’écosystème des applications mobiles s’intensifient.
“La CNIL, l’autorité française de protection des données, s’est distinguée par son avance sur le sujet. Dès fin 2022, l'éditeur de jeux mobiles Voodoo, a été sanctionné à hauteur de 3 millions d’euro pour le traitement de données en lien avec les habitudes de navigation des utilisateurs à des fins publicitaires, sans leur consentement. Désormais, l’écran d’accueil de ses jeux affiche systématiquement et en priorité la plateforme de gestion du consentement (CMP).” ajoute Jérôme Perani.
Cette sanction n’est pas un cas isolé : la CNIL a récemment intensifié ses actions de contrôle et prévoit une nouvelle campagne dès le printemps 2025. Dans ce cadre, l’autorité française a publié des recommandations détaillées pour aider les éditeurs d’applications à se conformer aux exigences du RGPD et de la directive ePrivacy. Parmi les points clés, elle rappelle que le simple fait d’accorder une permission à une application (accès à la localisation, à la caméra, aux contacts…) ne suffit pas à garantir un traitement conforme des données personnelles. C’est pourquoi, dans de nombreux cas, l’implémentation d’une CMP reste indispensable pour recueillir un consentement libre, éclairé et préalable à toute collecte ou exploitation des données.
Les États-Unis face à un patchwork réglementaire en pleine évolution
Longtemps perçu comme une spécificité principalement européenne, le cadre réglementaire sur la protection des données personnelles évolue désormais rapidement aux États-Unis.
“Si la Californie a été pionnière avec le CCPA (California Consumer Privacy Act), elle n’est plus seule. Depuis 2020, pas moins de 19 États américains ont adopté des lois sur la protection des données, avec une accélération notable : rien qu’en janvier dernier, huit nouveaux États ont mis en place leur propre législation, et plusieurs autres suivront dans les 12 prochains mois.” souligne Jérôme Perani dans le podcast.
source : International Association of Privacy Professionals (iapp)
Pour les entreprises américaines, la donne a changé. Alors qu’elles considéraient souvent ces réglementations comme une contrainte réservée aux sociétés opérant en Europe, elles doivent désormais s’y conformer sur leur propre territoire. Cette complexité croissante oblige les entreprises, notamment celles qui détiennent une application mobile, à adapter leur gestion du consentement en fonction des juridictions locales. Un exemple frappant abordé par Jérôme est celui d’Amazon et de sa plateforme de streaming Twitch.
“Aux États-Unis, lorsqu’un utilisateur ouvre l’application mobile Twitch, l’écran d’accueil lui demande d’autoriser les notifications push. Ensuite, Apple affiche son pop-up natif pour confirmer cette autorisation, suivi de l’App Tracking Transparency (ATT), qui encadre le suivi publicitaire mais ne constitue pas un véritable mécanisme de gestion du consentement au sens juridique du terme.” explique Jérôme.
En Europe, le parcours est totalement différent. La première interaction avec l’utilisateur concerne la collecte du consentement via la CMP (Consent Management Platform), puis vient l’ATT. Twitch illustre ainsi une tendance clé pour l’avenir : la personnalisation des parcours d’onboarding en fonction de la localisation de l’utilisateur, détectée via l’adresse IP.
Cette fragmentation des approches pose un défi majeur aux éditeurs et développeurs d’applications mobiles, qui doivent non seulement adapter leurs flux en fonction des réglementations locales, mais aussi s’assurer que leurs partenaires et sous-traitants respectent ces nouvelles exigences légales.
“Contrairement à l’Europe, où la réglementation impose de bloquer les traqueurs avant le consentement, les États-Unis adoptent une approche plus fragmentée. Mais malgré cette résistance et la crainte d’un frein au business, la tendance mondiale est claire : la protection des données devient un standard international (Canada, Inde, Brésil, Arabie Saoudite…) auquel les entreprises américaines devront tôt ou tard s’adapter.” analyse Jérôme.
Applications mobiles : la prochaine grande bataille du consentement
Comme le souligne Jérôme Perani dans le podcast, la conformité aux réglementations sur la protection des données ne se limite plus au web. Les applications mobiles sont désormais dans le viseur des autorités, et l’Europe montre la voie avec un cadre de plus en plus strict. Une tendance qui pourrait rapidement s’étendre à d’autres régions du monde.
En particulier, la CNIL insistait il y a quelques semaines sur un point souvent mal compris : les permissions techniques, telles que l’accès à la caméra, au micro ou à la localisation, ne suffisent pas à garantir la conformité au RGPD. Elles définissent si une application peut techniquement accéder à une ressource, mais ne précisent en rien comment ces données seront utilisées. Or, toute collecte à des fins marketing, analytiques ou publicitaires impose un consentement explicite, libre et éclairé.
Les éditeurs d’applications doivent donc articuler deux niveaux d’autorisation : d’un côté, les permissions système définies par l’OS qui permettent d’activer certaines fonctionnalités du smartphone, de l’autre, le consentement réglementaire doit être recueilli en parallèle pour assurer une utilisation conforme des données collectées. Alors pour assurer la traçabilité du choix des utilisateurs, la CNIL recommande vivement l’intégration d’une plateforme de gestion du consentement (CMP).
“Chez Axeptio, nous avons conçu un SDK mobile permettant aux éditeurs d’applications de mettre en place une gestion du consentement fluide et conforme aux standards du marché. Grâce à une interface in-app personnalisable sur iOS et Android, les utilisateurs peuvent exprimer leurs choix en toute simplicité, tout en bénéficiant d’une expérience utilisateur positive.” précise Jérôme.
La solution est certifiée Google Consent Mode v2, un élément clé pour mesurer l’audience mobile avec les outils Google tout en respectant les exigences de transparence. Elle est également compatible avec le Transparency & Consent Framework (TCF v2.2) de l’IAB Europe et l’IAB Canada, indispensable pour une monétisation publicitaire conforme aux normes du marché.
“Avec la multiplication des contrôles et l’évolution rapide des réglementations, la gestion du consentement sur les applications mobiles est un enjeu stratégique. Il ne s’agit plus simplement de se mettre en conformité, mais d’adopter une approche proactive pour allier performance et respect des utilisateurs. Intégrer une CMP performante n’est plus une option, mais un impératif pour répondre aux nouvelles attentes du marché et anticiper les prochaines évolutions réglementaires.” témoigne Jérôme.
Un enjeu d'expérience utilisateur autant que de conformité
Les équipes produit et marketing des applications mobiles sont déjà habituées à intégrer des étapes d'autorisation dans l’expérience utilisateur, notamment pour les notifications push ou la géolocalisation.
Pour Jérôme Perani, la gestion du consentement doit s'inscrire dans cette même logique :
"Les contraintes légales doivent être transformées en opportunités de marketing mobile. Il s’agit de créer un moment d’onboarding fluide et engageant, où l’explication du consentement devient une partie intégrante de l’expérience utilisateur. Comme dans une boutique physique où l’on accueille chaleureusement un client, une application doit expliquer pourquoi certaines données sont collectées et en quoi cela améliore l’expérience utilisateur."
C’est précisément dans cette optique qu’Axeptio permet aux enseignes de personnaliser entièrement le widget de consentement à l’image de leur marque. Couleurs, typographies, textes, images, animations, mais aussi déclenchement et parcours utilisateur : chaque détail peut être ajusté pour s’intégrer harmonieusement à l’expérience web et in-app. Loin d’un simple bandeau que l’on impose, le widget devient ainsi un véritable point de contact, qui rassure et accueille l’utilisateur.
Quel avenir pour la réglementation ?
Dans le podcast, Jérôme Perani met en avant une tendance à l’harmonisation mondiale des réglementations, bien que des divergences locales et régionales subsistent. La pression citoyenne et les scandales réguliers autour des abus de données personnelles poussent les gouvernements à renforcer la protection des utilisateurs.
Pour approfondir ces sujets, Jérôme Perani interviendra lors de l’App Growth Summit à New York, un événement incontournable pour les experts des applications mobiles. Une occasion d’échanger sur l’avenir du consentement et de la gestion des données dans un marché de plus en plus réglementé.
Réglementations internationales et application mobile :
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